Moussa Bobiri, cultive l’espoir à Bria : Le réveil d’une jeunesse résiliente

Moussa bobiri, cultive l’espoir à bria : Le réveil d’une jeunesse résiliente
Moussa Bobiri, jeune d’une vingtaine d’années, après la crise qui a secoué la République Centrafricaine s’est vu obligé avec sa communauté musulmane de se convertir dans le maraîchage. Sa coopérative constitue 30 membres composé de 18 femmes et 12 homme dénommée "Agri Pionnier Centrafrique". Notre slogan dit tout de notre ambition : "Ensemble, cultivons l'avenir de la Centrafrique".
« Nous sommes des fils d'éleveurs. Malheureusement, avec la crise qu'a traversée notre pays, nous avons perdu notre capital animalier, qui représentait toute notre richesse familiale. Face au désœuvrement des jeunes, nous avons refusé de baisser les bras. Le 10 août 2024, nous avons décidé de nous tourner vers la terre pour retrouver notre autonomie financière, assurer notre autosuffisance alimentaire et ramener la cohésion sociale dans nos familles. »
De la terre à la réussite, des premiers résultats concrets
Pour cette communauté, autrefois elle s’adonnait à l’élevage de bœuf et le commerce, cependant la crise de 2013 a tout bouleversé laissant la place à autres activités. « L'agriculture est un nouveau monde pour nous. Nous avons commencé par cultiver le gombo, le concombre, la pastèque et le piment. L'année dernière, sur une surface de 71m sur 80m, notre force a été la production de 2 tonnes de concombres ! Tout a été vendu. Durant la saison des pluies, nous avons enchaîné avec le maïs et l'arachide ».
Aujourd'hui, la Coopérative "Agri Pionnier Centrafrique" se lance fièrement dans la campagne maraîchère 2025/2026 afin de montrer au monde leur transformation et relever l’économie de leur localité de Bria. « Sur notre site, qui s'étend désormais sur environ 4 hectares pour l'ensemble des bénéficiaires, nous voulons prouver à tous les jeunes que l'on peut gagner sa vie dignement grâce à la terre. Quand le travail devient lourd, nous embauchons d'autres jeunes du quartier pour nous aider, créant ainsi un petit moteur d'emploi local. »
Un défi de taille, la place des femmes
Cette coopérative compte 30 membres, dont 18 femmes. Si elles sont majoritaires en nombre, elles occupent encore peu de postes de responsabilité à cause des traditions et d'une certaine timidité à s'imposer aux femmes musulmanes.
Pourtant, la trésorière actuelle fait un travail remarquable. « Elle gère les fonds avec une grande rigueur et participe à toutes les décisions. Elle est, pour moi, la candidate idéale pour devenir vice-présidente ». Cette coopérative prévoit de créer des commissions (production, marketing, commercialisation) où les femmes joueront un rôle central. Plus elles se familiariseront avec le fonctionnement de la coopérative, plus elles prendront la place qu'elles méritent.
Transformer les obstacles en opportunités
Sur le terrain, la difficulté réelle est le manque de matériel adéquat et professionnel pour cette coopérative de cultiver sur un plus grand espace. « Nous rencontrons des difficultés réelles : le manque de matériel (nous n'avons que des houes), l'accès aux semences et surtout le transport et la conservation. Parfois, la récolte est si abondante que nous perdons des produits faute de clients immédiats. C'est pourquoi nous rêvons de passer à la transformation de nos produits bio ».
L’année dernière, nous avons eu 484 200 francs CFA à travers la vente de pastèque, gombo, le concombre et le piment. Pour pallier le manque de fonds, par saison, la coopérative utilise une partie des bénéfices pour faire du petit commerce de bétail. Cela leur permet de générer des revenus complémentaires pour financer leurs futurs projets.
Nous accueillons aujourd'hui avec beaucoup d'espoir le projet dénommé « Amélioration des conditions de vie, des moyens de protection, l’accès sécurisé aux services EHA et renforcement des mécanismes de protection des populations les plus vulnérables dans les sous-préfectures de Batangafo et Bria en République Centrafricaine », mis en œuvre par Oxfam et financé par ASDI (Agence suédoise de coopération internationale au développement), afin de soulager notre souffrance en matière de financement.
Ce projet d'amélioration des conditions de vie et de renforcement de la protection arrive à un moment clé pour cette coopérative. « Nous attendons beaucoup de cet appui, notamment en termes de renforcement de capacités, d'outils modernes et de semences de qualité. Nous sommes prêts à travailler dur pour que ce partenariat porte ses fruits et que notre coopérative devienne un modèle de réussite pour toute la République Centrafricaine. »

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