Assistance humanitaire

Une équipe veille au bon fonctionnement d'un point d'eau. Le réseau gravitaire installé par Oxfam permet de fournir de l'eau aux 50 000 déplacés du site PK3 de Bria, dans le centre de la RCA. © Aurélie Godet/Oxfam

18 juillet 2019 - Une équipe veille au bon fonctionnement d'un point d'eau. Le réseau gravitaire installé par Oxfam permet de fournir de l'eau aux 50 000 déplacés du site PK3 de Bria, dans le centre de la RCA. © Aurélie Godet/Oxfam

La République centrafricaine traverse une crise humanitaire sans précédent, avec près des deux tiers de sa population en besoin d’assistance. Les interventions humanitaires d’Oxfam dans le pays se présentent sous trois formes :

Les besoins en eau, hygiène et assainissement (WASH)

18 juillet 2019 - Des familles déplacées viennent remplir leurs bidons à un point d'eau du réseau gravitaire installé par Oxfam sur le site PK3 de Bria, dans le centre de la RCA. © Aurélie Godet/Oxfam

Selon le Plan de Réponse Humanitaire (PRH), 1,36 millions de Centrafricains ont besoin d’une assistance pour couvrir leurs besoins en eau potable.

Oxfam est un acteur majeur dans le domaine Wash (en anglais Water, Sanitation and Hygiene).

De l’eau potable est produite et acheminée dans les sites de déplacés et les quartiers. Les infrastructures d’assainissement, comme les douches ou les sanitaires, sont réhabilitées et entretenues. Des activités de promotion à l’hygiène sont également organisées.  

Une réalisation phare en 2019 : le réseau gravitaire de Bria. Ce nouveau système de distribution d’eau, mis en place en mars, permet de fournir de l’eau potable de manière quasi permanente aux 50 000 personnes déplacées qui vivent sur le site de déplacés PK3.

    Sécurité alimentaire et moyens d’existence (FSL)

    27 mars 2019 - Sylvain DONGBA-KETTE assure avoir retrouvé un statut social depuis qu’il travaille dans le groupement d’élevage de poulets des ‘Jeunes bâtisseurs de la Paix’, à Bangui. Le poulailler est soutenu par Oxfam. © Aurélie Godet/Oxfam

    Dans le domaine FSL (en anglais Food, Security and Livelihood), Oxfam apporte une aide alimentaire aux ménages vulnérables et assure la relance économique de groupements ayant perdu leurs moyens de production. D’après le PRH, 1,9 millions de Centrafricains, soit 40% de la population, sont en insécurité alimentaire.

    Pour nourrir les populations et faire vivre les petites entreprises locales, nous réalisons des distributions alimentaires. Les personnes échangent des coupons-vivres contre de la nourriture, ou d’autres biens auprès de commerces participant au projet.

    Nous mettons en place des programmes d’intérêt public de cash for work (argent contre travail) afin de stimuler le développement local. Les participants sont rémunérés pour construire des routes, par exemple.

    Les communautés locales et des groupements d’AGR (Activités génératrices de revenus : petits commerces, fabrication de savons, artisanat, etc.) reçoivent des formations, des semences et des équipements. Cela leur permet de nourrir leur famille, et certaines vendent ensuite leur activité pour payer la scolarité de leurs enfants ou réinvestir en achetant du bétail.

    Protection/Genre

    18 juillet 2019 – Tous les mardis, les membres du CPC du quartier Mandé, à Bria, se réunissent pour faire le point de la semaine. Soutenu par Oxfam depuis 2015, le comité a été mis en place pour protéger les civils des agressions ou autres formes de violences. © Aurélie Godet/Oxfam

    Oxfam se donne pour but d’améliorer la sécurité de la population civile, ainsi que de fournir une assistance et une protection de qualité aux personnes bénéficiaires en favorisant le droit et la justice entre les femmes et les hommes en contexte de crise humanitaire.

    Selon le PRH, entre janvier et septembre 2018, en moyenne, plus de 1 000 incidents par mois ont été enregistrés.

    Les femmes et les filles sont les plus exposées à la violence et aux abus sexuels. Près de 6 000 cas de violences basées sur le genre (VBG) ont été enregistrés entre janvier et août 2018, dont 21% étaient des violences sexuelles. Les hommes et les garçons sont davantage exposés aux violences physiques (exactions, agressions, abus, sorcellerie) ou au risque d’être recrutés par des groupes armés.

    La communauté au service de la paix et de la sécurité. Les programmes de protection d’Oxfam partent d’un postulat : c’est à l’échelle de la communauté que sont posés les fondements d’une paix durable -et ce en particulier dans un pays où les institutions étatiques sont faibles, comme en RCA.

    Nous soutenons des Comités de protection communautaire (CPC) pour qu’ils sensibilisent les populations sur leurs droits et qu’ils orientent les victimes de violences sexuelles et physiques vers des services médicaux ou des conseils appropriés.

    Des défis

    7 juin 2019 - Panneau d'interdiction aux armes sur le site des déplacés de Batangafo qui accueille plus de 23 000 personnes, dans le nord-ouest de la RCA. © Aurélie Godet/Oxfam

    Malgré l’efficacité des programmes mis en œuvre, des difficultés demeurent et beaucoup reste à faire.

    Un de nos principaux défis reste l’accès aux zones rurales ou reculées. L’insécurité et le manque d’infrastructures routières sont des obstacles à l’acheminement de l’aide humanitaire. L’insécurité contribue donc directement à la crise alimentaire du pays.

    La RCA est également l’un des pays les plus dangereux pour les travailleurs humanitaires. En 2018, six agents humanitaires ont été tués et 21 blessés, en plus des incidents de sécurité sur l’équipement humanitaire. Cette situation a conduit près de 20% des organisations humanitaires à suspendre leurs activités.

    De plus, l’insuffisance chronique du financement du Plan de Réponse Humanitaire (PRH) affecte la capacité des acteurs humanitaires à répondre aux besoins de la population qui, eux, ne cessent d’augmenter. Depuis 2016, le PRH n'a jamais été financé au-delà de 50%. 

     

    Dernière mise à jour le 5 septembre 2019.